S.S. Yongala

Le plus glorieux de récifs artificiels

 

Il paraît presque fou d’imaginer qu’un récif artificiel puisse avoir le moindre intérêt dans la Grande Barrière de Corail. Mais pourtant nous embarquons avec Adrenalin Dive pour deux plongées dont nous nous souviendrons. Après une soirée de route reliant Cairns à Townsville, nous dormons chez notre ami Fernando qui se trouve être le Dive Superviser le lendemain. Nous embarquons à 6H30, sur un bateau de taille moyenne, avec un grand soulagement; nous nous attendions à une navire immense et plein de touristes comme on en trouve à Cairns. Il s’agit d’un très agréable bateau, pouvant contenir 25 passager; nous sommes 11 et avons suffisamment de place pour tous nous allonger et nous reposer pendant les trois heures de route qui nous sépare de l’épave.

SS YONGALA 1

Une ombre géante suit Juila tout au long de la plongée…

Pour nous occupé Fernando vient nous briefer sur la vie marine et nous raconter l’histoire du S.S. Yongala. Il y aura du courant, et c’est normal c’est ce qui rend cette plongée extraordinaire. Le courant charrie une quantité titanesque de nourriture dans un fond marin perdu dans une étendu de sable. Le S.S. Yongala est le seul point d’ancrage à des milles à la ronde. Il est donc devenu en un siècle la plus grande maternité de la Grande Barrière de Corail.

Le Yongala a un seul défaut. Il est interdit de pénétrer l’épave. A la fois parce qu’elle n’est plus très stable et que sa structure pourrait s’effondrer sous le poids de nos bulles, mais surtout parce qu’elle est devenu un cimetière pour les 122 personnes mortes durant la tragédie. Les pilleurs de tombes ayant déjà sévi, les rares artefacts restant sont connus et gare à ceux qui oserait déranger la paix des lieux…

SS YONGALA

A l’intérieur de l’épave la visibilité est nulle tant il y a de vie…

A 10H30 nous arrivons sur le site et comme promis le courant est puissant. Il faut se tenir à ce système de corde pour espérer atteindre l’épave. Une descente dans le bleu qui impressionne. On y aperçoit des gros poissons, principalement des Jacks, tournant autour et puis…et puis l’épave est là. Nous commençons par la poupe où une gigantesque Bull Ray nous attend. Elle est bien plus grande qu’une raie léopard et bien moins timide. Nous gardons quelques mètres de respect devant cette belle créature, mais nous pourrions l’approcher sans mal. Autour d’elle 5 Cobias s’amusent ou se battent, je ne saurai dire. Cela me coupe le souffle cela faisait quelques temps que je n’avais vu de nouveaux poissons et ces deux espèces sont à la fois grande et impressionnantes.

Nous remontons donc les 100 mètres de bateau dans une quantité délirante de juvénile. Il se cache dans la coque, trop petite pour tous les contenir, une belle quantité se trouve à l’extérieur. Ils se comptent sans exagération par millions. A 25 mètres le temps passe vite sur nos ordinateurs de plongées et c’est juste avant de remonter à une profondeur plus correcte que j’aperçois une tortue verte endormie sur un pont du bateau. Elle est immense et totalement inconsciente, comme si l’âge lui avait prouvé que plus rien ne pouvait l’attaquer.

SS YONGALA 2

…du coup des milliers de juvéniles n’ont pas de maison

Fort heureusement l’épave nous abrite du courant et ce n’est que lorsque l’on atteint la proue que l’on s’en rend compte. A ce niveau la puissance du courant redouble et nous faire retourner sur nos pas. Sans que cela nous perturbe, car nous croisons alors les mérous géants “Queensland Grouper”. L’un deux dors tranquillement sous le gaillard d’avant. A côté de lui passe un serpent de mer peu curieux de notre présence.

Après 40 minutes de plongées nous devons remonter sous peine de passer en décompression. Nous mangeons sur le bateau et nous reposons pendant une heure avant de repartir pour une plongée tout aussi extraordinaire.

SS YONGALA 3

C’est comme ça pendant toute la plongée, impossible de les compter ou même de tous les reconnaître

Vient alors l’heure de rentrer, le retour prend trois heures et tout le monde pique du nez allongé sur le sundeck. De retour en ville nous allons boire une bière avec Fernando dans une brasserie du centre ville. Nous enchaînons alors par quatre heures de route pour rentrer à Cairns en plonger le lendemain sur Norman Reef…

La prestation d’Adrenalin est excellente, nous disposons de tank de 11 Litres, avons le droit à de nombreux snacks et rencontrons une équipe dédiée et amoureuse de cette épave. J’avais eu la recommandation de partir depuis Ayr (au sud de Townsville), mais je suis totalement satisfait par le service rendu. Cependant en cas de vent un peu fort (plus de 15 neuds), je pense que plus d’uns auront le mal de mer sur ce petit bateau…

 

 

 

 

 

 

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About the author: Antoni Belmas
Instructeur de plongée vagabondant à travers le monde avec l'objectif de trouver son petit coin de Paradis et y ouvrir son propre centre de plongée. Si vous avez un conseil ou besoin d'informations n'hésitez pas à me contacter!
3 Comments
  1. Mat 18 janvier 2014 at 9 h 27 min

    Woow le Yongala, j’ai plongé sur cette épave il y a trois ans je crois… sacré courant en tout cas pour y accéder, il faut s’accrocher! Une plongée impressionnante mais dommage, je n’ai pas vu de requins, seulement deux stingray arrivé au bout du bateau.

    C’était un peu cher mais je ne regrette pas d’y être allé, très bon souvenir de ce spot (par contre il n’y a pas grand chose à faire à Townsville)

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